Koh Phi Phi, Everest, Uluru : zoom sur ces merveilles de la nature polluées par le tourisme de masse

par | Oct 24, 2022 | Des chouettes idées vertes

Le tourisme de masse, qu’il soit sportif, cinéma-friendly ou causé par Instagram est évidemment une véritable catastrophe pour l’environnement. Détérioration des lieux, pollution massive… Les effets sont multiples. Découvrez ces 3 merveilles de la Nature que le tourisme de masse a entaché.

Koh Phi Phi et le tourisme de masse

La bande de sable blanc s’étend jusqu’au fond de la baie, entourée d’une vertigineuse falaise étouffée par la végétation, et plongée dans une eau à la teinte émeraude. Cette plage, située dans la baie de Maya, sur l’île de Koh Phi Phi Le, en Thaïlande, est l’une des plages les plus célèbres du royaume.

La plage a été présentée dans le film The Beach sorti en 2000. Elle a attiré des millions de visiteurs au fil des ans. Cependant, ces visiteurs, trop nombreux, ont causé des dommages à l’écologie de ce magnifique habitat naturel, polluant la zone, détruisant les ressources marines. C’est pourquoi les autorités thaïlandaises ont décidé de fermer la célèbre plage et la baie aux touristes pendant plus de 3 ans afin de laisser à la nature et aux fragiles récifs coralliens le temps de se rétablir.

Maya Bay a rouvert ses portes au public le samedi 1er janvier 2022, comme le rapporte la radio RFI, mais avec des règles plus strictes qu’auparavant.

Avant 2018, l’île était envahie par environ 5 000 personnes chaque jour. Beaucoup d’entre elles restaient pour une courte période, ce qui leur permettait d’embarquer, d’explorer le « décor » du film et de prendre des photos pour les souvenirs. La majorité des visiteurs arrivaient en groupe, avec un flux incessant de puissants hors-bords loués par les guides touristiques.

Au fil du temps, la plage s’est fortement dégradée, et le fond a été abimé par les moteurs des bateaux. Les ancres ont également détruit le corail, et sur la terre ferme, la zone a été ruinée par les déchets laissés par les visiteurs et la végétation endommagée, les créatures effrayées…. Le résultat est qu’en 2018, le site a été fermé. « Les bateaux peuvent accéder à la baie, mais ils ne seront pas autorisés à accoster, et personne ne sera autorisé à accéder dans la baie », explique alors Songtham Suksawang, le directeur du bureau des parcs nationaux thaïlandais.

Trois ans plus tard, le 14 novembre 2021, les autorités thaïlandaises annoncent à nouveau l’ouverture de la baie et la fermeture permet à l’écosystème de se repeupler !

La date d’ouverture a été fixée au 1er janvier 2022. Cependant, elle s’est accompagnée de restrictions. Aujourd’hui, les bateaux de touristes ne peuvent plus entrer dans la baie, et ils doivent déposer leurs clients sur un ponton qui se trouve à l’extérieur des limites de la baie. Huit hors-bords peuvent désormais accoster simultanément et il n’est plus nécessaire de le faire. La visite ne dure qu’une heure par personne et est disponible de 10 h à 16 h. La visite est limitée à 300 visiteurs par heure.

Le surfréquentation du Mont Everest

Depuis la première ascension réussie en 1953, par les alpinistes Edmund Hillary et Tensing Norgay, de plus en plus de touristes aspirent à gravir le point le plus haut du monde. « Contrairement à la Chine, le Népal n’est pas une barrière et délivre le nombre de permis d’escalade qu’il souhaite« , explique Elia Saikaly l’alpiniste canadien. En 2019, le nombre de permis délivrés était de 381 – ce qui est un record selon le Time Magazine. Le fait que chaque grimpeur doive être accompagné d’un guide expérimenté Sherpa qui l’accompagne tout au long du voyage plus de 750 personnes ont déjà tenté l’ascension cette année-là.  » En plus des embouteillages qui créent une pollution massive » et qui sont une source de mécontentement pour l’alpiniste. « Le camp 4 est devenu une véritable poubelle car les gens se battent pour survivre à cette altitude et aucune règle n’est mise en place pour les faire respecter.« 

Au cours de l’année 2018, les équipes de nettoyage de l’Everest ont ramené plus de 31 tonnes de déchets dont plus d’un tiers étaient des excréments humains.

Quid du Mont Uluru en Australie ?

En 2019, les visiteurs ne peuvent plus escalader Uluru la célèbre formation rocheuse située au milieu du désert australien, qui est sacrée pour la culture aborigène.

De nombreux touristes pensent que l’ascension d’Uluru ou d’Ayers Rock est la chose la plus importante à faire lorsqu’on visite l’Australie. Cependant, le peuple aborigène Anangu, qui vénère ce lieu depuis plusieurs milliers d’années, s’oppose à son ascension.

Le conseil d’administration du parc national d’Uluru Kata, composé de représentants de la communauté indigène, a pris la décision d’interdire l’escalade d’Ayers Rock depuis 2019 !

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