Dresser des corbeaux pour ramasser les mégots : une idée vraiment sérieuse ?
Qu’ont en commun le Puy du Fou, la Suède et plusieurs laboratoires de recherche à l’international ?
Et bien, tous ont testé de dresser des corbeaux pour ramasser les mégots de cigarette en environnement urbain.
Objectif : réduire les coûts de nettoyage des villes.
Mégots de cigarette : un déchet toxique au cœur de la pollution urbaine
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut déjà comprendre l’ampleur du problème.
Les mégots de cigarettes sont le déchet le plus répandu au monde :
- 4,5 trillions jetés chaque année
- jusqu’à 500 litres d’eau pollués par un seul mégot
- 10 à 15 ans pour se décomposer dans la nature
Même dans un pays comme la Suède, où peu de gens fument : près d’1 milliard de mégots finissent au sol chaque année.
Bref, on parle d’un déchet petit, discret mais problématique.

Dresser des corbeaux éboueurs : comment l’idée a émergé
Les corbeaux, corneilles ou pies font partie des corvidés, connus pour leurs capacités cognitives impressionnantes.
Ces oiseaux peuvent :
- utiliser des outils
- résoudre des problèmes en plusieurs étapes
- comprendre des relations de cause à effet
- apprendre par observation d’autres individus
Certaines recherches comparent même leurs capacités de raisonnement à celles d’un enfant de 7 à 10 ans !
Mais ce n’est pas tout : leur comportement naturel en fait déjà d’excellents candidats au ramassage de déchets puisque les corbeaux sauvages passent une grande partie de leur temps à fouiller le sol et explorer leur environnement.
Autrement dit, pas besoin de leur apprendre à chercher, ni besoin de leur apprendre à manipuler : il suffit d’orienter leurs capacités innées vers le ramassage de déchets.
Ramasser les déchets grâce à une récompense : comment les corbeaux apprennent à déposer un mégot à la poubelle
Que ce soit au Puy du Fou, du côté de la startup suédoise Corvid Cleaning ou bien Birds for Change, on retrouve un protocole d’apprentissage des oiseaux très similaire, reposant sur un système d’échange et de récompense, structuré en plusieurs étapes.
D’abord, l’oiseau est mis en contact avec une boîte capable de délivrer de la nourriture. C’est la phase de familiarisation : il découvre l’objet, s’en approche, l’explore.
Progressivement, il comprend que certaines interactions avec cette machine déclenchent une récompense. C’est ici que se crée le premier lien de cause à effet.
On introduit ensuite des objets simples (bâtons, pierres…) que l’oiseau doit manipuler et déposer dans la machine pour obtenir de la nourriture. Cette étape est clé : elle transforme un comportement naturel (manipuler des objets) en action dirigée.
Une fois ce mécanisme acquis, le transfert se fait vers le déchet réel. Les objets sont remplacés par des mégots, et l’oiseau reproduit le même schéma : ramasser, déposer, être récompensé.
Oiseaux éboueurs : une solution innovante mais controversée pour le nettoyage des villes
Derrière le côté insolite de cette initiative contre la pollution, il y a une réalité qu’on ne peut pas ignorer : on parle ici de faire manipuler à des animaux des déchets toxiques.
Et même si les expérimentations sont conçues pour limiter les risques (notamment en entraînant les corbeaux à déposer les mégots sans les ingérer), la question de leur exposition à la nicotine, aux métaux lourds et à toute une série de substances chimiques, reste entière.
Quand les corbeaux deviennent responsables à notre place
Plutôt que de créer des oiseaux ramasseurs de déchets pour nettoyer nos villes, ne serait-il donc plus efficace de s’attaquer directement à la racine du phénomène ? À force de chercher des solutions ingénieuses, on en oublie presque l’évidence : le problème vient de nos propres comportements.
La vraie bascule se joue donc ailleurs : dans notre capacité à faire disparaître ce geste encore trop répandu, celui de jeter ses mégots au sol.
Cela passe par plus de sensibilisation, mais aussi par des solutions pour rendre le geste plus facile : faciliter l’accès à une poubelle, multiplier les cendriers dans l’espace public ou en entreprise, mais aussi encourager l’usage de cendriers de poche.
Dans cette logique, certaines solutions existent déjà et permettent d’agir concrètement, sans complexifier les usages.
C’est notamment le cas de Les Joyeux Recycleurs, qui proposent :
- des cendriers visibles et bien placés
- une gestion simple de la collecte
- une filière de recyclage des mégots
Moins spectaculaire qu’un corbeau, mais beaucoup plus efficace au quotidien !
Vous êtes une entreprise et vous souhaitez favoriser le recyclage de vos mégots ? Découvrez notre solution clé en main pour leur offrir une seconde vie.
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